lundi, mars 30, 2015

FFF - Noël LE GRAËT : Une accumulation que l'on peut regretter....

Par Arbitrez Vous archivé dans , , , , , , No comments

Publié le 30/03/2015 - En marge de l'entraînement de l'équipe de France samedi soir au stade Geoffroy-Guichard de Saint-Étienne, le président de la Fédération Française de Football Noël Le Graët a accepté de commenter pour « Sud Ouest » les graves incidents (1) qui ont poussé les arbitres aquitains à faire grève ce week-end, entraînant l'annulation de toutes les rencontres dans la Ligue, une première dans la région.



« Sud Ouest » : Pour la première fois, la Ligue d'Aquitaine a dû reporter une journée entière en raison du retrait de ses arbitres. Qu'en pensez-vous ?

Noël Le Graët : Certaines limites ont été dépassées mais la Ligue d'Aquitaine a pris les choses en main en début de semaine. Tout le monde est conscient que c'est un problème grave mais je souhaite que les arbitres reprennent la semaine prochaine. On ne peut pas empêcher les gens de jouer parce qu'il y a eu des incidents. Ceci dit, le respect de l'arbitre est essentiel pour la santé du football.

Cela veut-il dire que les arbitres sont de moins en moins respectés au niveau amateur ?

Mon appel est clair : les arbitres, comme tout le monde, peuvent se tromper, le respect du jeu doit être protégé. Les dirigeants travaillent durement sur le terrain, ce n'est pas évident pour eux. C'est la première fois que cela arrive en Aquitaine qui n'était pas, jusqu'à présent, une région où l'on se battait sur le terrain. C'est une accumulation que l'on peut regretter.

Comment mieux protéger et mieux valoriser le rôle des arbitres ?

C'est l'ensemble des gens qui regardent le football qui doivent mieux se conduire. Et d'abord les joueurs envers les arbitres…

Justement, certains joueurs très connus ne donnent-ils pas le mauvais exemple ?

Vous ne me ferez pas entrer dans ce que vous voulez me faire dire (sourire). Simplement, je pense que le respect de l'arbitre est obligatoire. Il n'y a pas de jeu sans arbitre.

Les arbitres ne sont-ils pas isolés par rapport aux autres familles du football ?

J'espère que non. Ils appartiennent tous à un club. C'est une question de relations personnelles et d'organisation locale. Je sais qu'en Aquitaine, c'est parfaitement organisé. Il y a eu effectivement une succession de faits un peu difficiles qui ont occasionné cette grève. Le souhait de la Fédération est d'être extrêmement attentif à la protection et à la formation des arbitres. C'est aussi un appel aux spectateurs et à ceux qui jouent, pour qu'ils ne se laissent pas emporter.

Ce manque de respect envers les arbitres ne reflète-t-il pas un problème plus large, envers l'autorité ?

Justement, en général, le football montre qu'il sait vivre. C'est un sport collectif invraisemblable (sic) qui unit comme ce n'est pas possible par rapport à toutes les difficultés qu'on rencontre dans la société. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de difficultés. Mais le football doit être exemplaire, montrer à tout moment qu'il accueille tout le monde, qu'on y respecte les autres quel que soit le résultat du match.

Le football n'est pas imperméable aux problèmes de la société…

Je pense qu'il se conduit mieux, quelquefois, que la société au niveau de l'accueil : dans les clubs, tout le monde peut jouer quelles que soient l'opinion politique, la couleur de la peau, la religion. Comme d'autres sports collectifs, il montre l'exemple même s'il arrive que la passion du jeu passe au-dessus du respect de l'arbitre ou de l'adversaire.

Ces tensions qui remontent du football amateur ne vous inquiètent-elles pas ?

Non. On est habitués. On a progressé partout, notamment dans la formation des arbitres et des dirigeants. Malheureusement, il reste des réflexes malheureux, qu'on peut condamner avec de grandes phrases, mais je pense que le football dans son ensemble est plutôt exemplaire par rapport à la société.

(1) C'est l'agression subie par l'arbitre de la rencontre entre les moins de 17 ans des Coqs Rouges de Bordeaux et de Nérac dimanche dernier qui a déclenché cette action.

Source : SUD-OUEST






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