lundi, juin 12, 2017

FFF - STÉPHANE LANNOY : L'Arbitrage du football à visage humain...

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Publié le 12/06/2017 - Tout jeune retraité, l’arbitre nordiste Stéphane Lannoy s’est longuement confié à la Voix des sports sur sa très riche carrière. L’occasion de revenir sur certains souvenirs marquants et d’échanger avec un homme toujours humble et passionné par le football et son métier. Première partie de l’entretien où l’on revient sur les souvenirs majeurs et sur les difficultés rencontrés lors de son parcours.


À quoi peut bien ressembler un jeune retraité du sifflet quelques semaines après son pot de départ ? C’est un homme épanoui, en pleine forme et plein de projets, dans la force de l’âge, que nous avons retrouvé à Villeneuve-d’Ascq, à la Ligue de football des Hauts de France, pour évoquer le passé et l’avenir. Quelques jours après avoir arbitré son dernier match, Le Havre - Orléans le vendredi 19 mai dans le cadre de la dernière journée de Ligue 2, le Nordiste Stéphane Lannoy (47 ans), ancien numéro un français, était ce matin-là à la tâche, dans sa nouvelle vie de cadre régional qui veut transmettre tout ce que le football lui a donné.

17 ans au plus haut niveau


Dix-sept ans au haut niveau, plus de quatre cents matchs au compteur : la carrière de Stéphane Lannoy ressemble à s’y méprendre à celle d’un athlète relevant le challenge le plus compliqué qui soit, durer au sommet. Exigence, sacrifices… La vie d’arbitre et celle du joueur pro présentent de nombreuses similitudes entre l’entraînement au quotidien, la sélection à chaque étape, l’évaluation à chaque match, le système d’accession et de relégation chaque saison, l’environnement médiatique, la pression. Il ne faut jamais oublier tout ce parcours du méritant quand on mesure le cheminement du natif de Boulogne-sur-Mer qui, non content d’avoir été le meilleur de sa génération sur le plan national, aura exporté son talent dans le monde entier.

Dans l’entretien qu’il nous accorde, Stéphane Lannoy, qui ne raisonne que dans l’esprit d’équipe, aura toujours utilisé le « nous » pour se raconter. Le « nous » car il associe à son histoire les quatre assistants qui ont officié à ses côtés : Laurent Hugo, Éric Dansault, Frédéric Cano et Michaël Annonier. L’hommage du « central » aux quatre complices dit tout du personnage, son souci de faire passer l’aventure humaine loin devant tout le reste.

Humble face à ses erreurs


Au moment où il raccroche le sifflet, c’est également son humilité qui frappe. L’humilité pour reconnaître ses (rares) erreurs comme il le faisait auprès des joueurs. Pour confier que sa réflexion évolue, qu’il a appris de ses échecs, qu’il faut toujours se remettre en question, quel que soit le niveau. Retiré des terrains, il ne cherche surtout pas à aller briller sur les plateaux télé ou à régler des comptes. Tout au contraire, il revient s’engager dans sa région et tient un discours fédérateur où il loue le rôle de l’arbitre, sa fonction émancipatrice, invite à prendre le sifflet.

Très respecté des acteurs du terrain qu’il a lui-même toujours respectés, connu pour sa politesse et sa courtoisie, sa maîtrise en toutes circonstances, il regagne les vestiaires avec une belle aura auprès du monde du football, l’image d’un pédagogue et d’un facilitateur qui aime les joueurs et le jeu. L’arbitrage à visage humain.

 « On n’avait pas commencé et ça se fritait déjà… »


Gardez-vous un souvenir de votre premier match ?


« Le tout premier au plus bas niveau, je m’en souviens comme si c’était hier. Le match opposait Réty à Surques en Côte d’Opale. On était en 3e division de district. C’était en 1990. Les premières foulées sur un terrain, la première fois que j’utilise le sifflet. Ça m’a marqué. J’avais 21 ans, mon père m’accompagnait. Il est passionné de foot et ne pouvait pas ne pas être là. C’était émouvant. Et c’est encore émouvant de s’en souvenir. »

Le match le plus difficile de toute votre carrière ?


« Au tout début de ma carrière internationale, en 2006 je crois, avec une équipe turque. Le match avait lieu l’après-midi. Et on a eu droit à une bagarre générale sur le terrain… à l’échauffement. Avec mes assistants nous étions scotchés : dans quel guêpier étions-nous tombés. La raison ? Comme le match avait lieu l’après-midi, il y avait une partie du terrain à l’ombre et l’autre en plein cagnard. Et chacun revendiquait le droit de s’échauffer à l’ombre. Je n’en croyais pas mes yeux. On n’avait pas commencé et ça se fritait déjà… Nous étions nous-mêmes à l’échauffement, alors j’ai envoyé le quatrième arbitre et le délégué de l’UEFA gérer ça. Nous sommes restés concentrés. Et inutile de dire que le premier carton jaune est tombé au bout de trente secondes, histoire de planter le décor. »....

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