mercredi, février 25, 2015

Stéphanie FRAPPART : "le football, c’est ma passion et il faut que ça le reste…" 

Par Eric WIROTIUS-BELLEC archivé dans , , , , ,


Publié le 25/02/2015 - Depuis l’été dernier, Stéphanie Frappart, responsable des activités au sein de la Fédération sportive et gymnique du travail, joue 
les pionnières en officiant comme arbitre central en Ligue 2.

Sur les terrains de sport, 2015 est un peu l’an II de la conquête féminine. Parce qu’en 2014, quelques barrières de genre sont tombées. Des deux côtés de l’Atlantique : aux États-Unis, le club de basket de Tony Parker, les San Antonio Spurs, a dribblé les normes masculines de la NBA en appointant Becky Hammon comme entraîneure adjointe. En France, Clermont, en Ligue 2, a détonné en engageant l’ex-internationale Corinne Diacre à la tête de son équipe masculine professionnelle. Une première aussi.

Et puis, en août 2014, Stéphanie Frappart est devenue la première femme arbitre centrale chez les pros masculins, en Ligue 2 pour le moment. Du haut de son 1,64 mètre, cette trentenaire estime, après quelques mois d’expérience, qu’elle s’est bien « fondue » dans le paysage : « Que ce soit moi ou Corinne Diacre, on commence à nous laisser tranquilles sur le côté “première femme”, parce qu’on fait nos preuves. En fait, on est de plus en plus jugées sur nos compétences, et c’est bien là l’essentiel. » Enfin pas toujours. Le naturel machiste du milieu peut vite reprendre le dessus comme lorsque après une défaite à Sochaux, en janvier dernier, le coach d’Arles-Avignon, Victor Zvunka, tance, avec une grosse arrière-pensée, la performance de Stéphanie Frappart : « En plus, c’est une femme… Je veux dire, pour les sensations du ballon… Passons. »

La voie de l’arbitrage 

Passons effectivement. Parce que, questions « sensations », Stéphanie Frappart n’est pas née de la dernière pluie de ballons : « J’ai commencé à jouer au foot vers dix ans chez moi à l’AS Herblay dans le Val-d’Oise, avec les garçons. Et puis, j’ai voulu apprendre les règles du foot vers quatorze ans et je me suis prise au jeu. » Une passion dévorante qui sifflera la fin de sa carrière de joueuse au moment de son entrée en fac de sport : « C’était difficile de concilier les deux, et puis, à l’époque, le foot féminin était peu développé, alors je me suis dit autant tenter la voie de l’arbitrage. » Une voie si bien explorée qu’elle pourrait, un jour ou l’autre, la mener en Ligue 1 où aucune femme n’a encore jamais officié comme arbitre central. Mais, pour l’instant, elle se satisfait de pouvoir endosser, régulièrement, la tenue de quatrième arbitre de Ligue 1, appelé à suppléer les arbitres assistants ou le directeur de jeu : « On a les mêmes tests physiques que les hommes, ce qui permet d’être reconnues à part entière, détaille-t-elle. Mais, je ne précipite pas les choses. Je vais déjà faire ma place en Ligue 2 et surtout j’aimerais bien susciter des vocations, ne plus être la seule femme à ce niveau. » En attendant, elle garde les pieds sur terre, bien aidée par son métier de responsable des activités au sein de la Fédération sportive et gymnique du travail : « Ça me permet de penser à autre chose que l’arbitrage, de faire la part des choses, parce que le football, c’est ma passion et il faut que ça le reste… »