mercredi, mars 22, 2017

FFF - DISTRICT DE MEURTHE-ET-MOSELLE : le jeune arbitre Mathieu RAIWISQUE menacé de mort, témoigne...

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Publié le 22/03/2017 - Jeune arbitre du district, Mathieu Raiwisque (19 ans, Heillecourt) a été contraint d’arrêter un match U17 suite à des menaces de mort. Il témoigne.


Mathieu, que s’est-il passé lors du match du 4 mars ? 

C’était un match à enjeu entre deux équipes U17 rivales pour la montée. Il y avait donc un peu de tension. Dans les vestiaires, j’ai prévenu les capitaines de tenir leur équipe. Tout s’est bien passé jusqu’au moment où Custines a pris l’avantage en deuxième mi-temps. Ça a commencé à beaucoup parler sur le terrain.

Qu’est-ce qui a déclenché l’incident ?

À dix minutes de la fin, le gardien de Laneuveville sort très loin de sa surface et arrête un tir d’un joueur de Custines avec les mains. Je siffle coup-franc et j’exclus le gardien. C’est là que je me suis retrouvé entouré par les joueurs.

La faute et l’exclusion étaient pourtant incontestables…

Ils m’ont reproché d’être pour Custines parce que j’arbitre pour le club de Heillecourt qui ne s’entend pas trop bien avec celui de Laneuveville. L’un des joueurs a dit : « je sais qui tu es, je sais où tu habites, je vais te retrouver et je vais te saigner ». Dans ces cas-là (lorsqu’il y a menaces de mort), le règlement est clair : il faut exclure le joueur et arrêter le match.

Que s’est-il passé ensuite ?

Le retour aux vestiaires a été compliqué. Un deuxième joueur m’a menacé. Les éducateurs et les parents étaient énervés. Ça criait beaucoup. J’ai encore entendu des choses, mais j’ai fait la sourde oreille. Entre le moment où je siffle la faute et mon retour aux vestiaires, il se passe trois minutes. Ça va vite mais c’est long… Heureusement, j’ai été soutenu par l’un des assistants bénévoles et par un arbitre qui assistait au match. Tout seul, je ne sais pas comment ça se serait passé.

Avez-vous eu peur ?

J’ai un peu craint pour ma sécurité. Mais je n’ai pas eu peur. Les joueurs savent ce qu’ils risquent s’ils touchent à un arbitre.

« Un match arrêté avec trois exclusions, c’est beaucoup de paperasse »

Qu’avez-vous fait à votre retour dans le vestiaire ?

J’ai immédiatement écrit sur un cahier tout ce qui venait de se passer pour ne rien oublier pour mon rapport que j’ai fait chez moi le soir, à tête reposée. Un match arrêté et trois exclusions qu’il faut motiver, c’est beaucoup de paperasse. Heureusement, les deux personnes qui étaient avec moi m’ont aidé. J’ai appelé le président de la CDA (Lamri Boulala) comme on nous demande de le faire dans cette situation. J’ai également eu au téléphone Aimé Brand et Gauthier Légerie (président et conseiller juridique de l’UNAF). Cela m’a pris un long moment. Dans un sens, c’est aussi bien. Quand je suis sorti, il n’y avait plus personne.

Est-ce la première fois que vous êtes confronté à un incident de cette ampleur ?...

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